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© 2008 Christian Reisacher

 

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DNA du 5 juillet 2007

 «  Le pendule et le pinceau »  par Maryline Chaumont »

Le Haguenovien Christian Reisacher est magnétiseur, adepte du Tantra yoga, admirateur du bouddhisme Thaï. Peintre depuis peu, il expose actuellement ses toiles à l'Espace Insight à Strasbourg.


Cela fait à peine un an que Christian Reisacher, 45 ans, a saisi pour la première fois un pinceau. Une exposition lui est pourtant déjà dédiée à Strasbourg. Mais c'est dans son fief de Haguenau que l'artiste travaille sans relâche. Aménagé depuis peu, son atelier parle pour lui. Des bougies odorantes, des pierres précieuses, des bols tibétains trônent sur les meubles. Il s'en montre fier : certains visiteurs apprécient cet espace en le comparant à un appartement de fille. Christian Reisacher se dit transformé depuis qu'il a reconnu en lui sa « part féminine ».


« Les gens qui vont s'approcher d'une toile ressentiront de l'énergie »


Pourtant, l'homme est robuste, presque imposant. Les petites figurines de Bouddha dispersées ça et là reflètent d'ailleurs étonnamment l'attitude de l'artiste : une présence ventripotente, des bajoues généreuses, mais une sage attitude devenue presque naturelle, les jambes repliées.
Christian Reisacher suit des stages de yoga, sophrologie et biosynergie, fondée sur la relaxation, depuis 1994. Des problèmes de santé et une quête du bien-être l'y ont conduit. Depuis, il se passionne pour l'énergie. A travers ses lectures, du Dictionnaire des symboles au Tantra Yoga, il cherche à s'échapper du « système ». La peinture lui est apparue comme un nouvel interstice pour en sortir. Le féminin y apparaît comme un thème récurrent - que ce soit la terre nourricière, ou la femme elle-même -, mais beaucoup de ses toiles sont explosions de couleurs. « Les gens qui vont s'approcher d'une toile ressentiront de l'énergie, un peu comme l'homéopathie qui rayonne à certains endroits de l'organisme », explique-t-il.
Certains le trouvent talentueux, d'autres fou. Christian Reisacher raconte ainsi qu'il est allé à plusieurs expositions - lui qui n'était jamais entré dans un musée - muni de son pendule, pour « mesurer l'énergie » qui jaillit des tableaux.
Qu'il peigne ou qu'il soigne, il répète souvent qu'il « suit son instinct ». L'artiste oppose de manière presque obsessionnelle la « tête » et le « coeur » - lieu de l'intuition, de la sensibilité. Ainsi, lorsque des visiteurs qualifient certains de ses tableaux d'obscènes ou de pornographiques, le peintre répond que « les gens
s'enferment dans des schémas de pensée, sans faire appel à leur ressenti ».
Le Haguenovien cite Saint-Exupéry pour parler de l'essentiel, le bonheur, dénonce une société patriarcale, parle de sa foi dans le magnétisme pour la thérapie des blessures. Un de ses amis, Claude Casterot, qui a longtemps pratiqué le rugby et travaillé avec lui, le décrit comme « quelqu'un de tourmenté », qui a peut-être trouvé une « façon de se soigner » dans la peinture. Désormais, à côté du pendule du magnétiseur, prend place le pinceau de l'artiste.


Marilyne Chaumont
Jusqu'au 14 juillet. « Passionnessence », exposition des oeuvres de Christian Reisacher. Du mercredi au samedi de 15 h à 19 h à l'Espace Insight, 10 rue Thomann à Strasbourg. Entrée libre.
Édition du Jeu 5 juil. 2007